Et Nietzsche a pleuré

Il est rare pour moi d’avoir un coup de coeur pour un livre au point de le lire en un week-end. Ce fût le cas pour Et Nietzsche a pleuré d’Irvin D. Yalom.

J’aime beaucoup les bouquins où l’on trouve un peu de philosophie à l’intérieur, les bouquins qui nous apportent quelque chose. J’appelle cela les « livres thérapie » car ils nous invitent à réfléchir sur notre propre vie, à nous poser les bonnes questions et donc à mieux se connaitre. Pour moi, certains livres peuvent tout à fait jouer le rôle d’un psy.

Yrvin Yalom est d’ailleurs connu pour cela puisqu’il mêle très souvent, avec habilité et humour, psychanalyse et littérature dans son oeuvre.

 

De quoi ça parle ?

L’intrigue se déroule en 1882 à Venise. Nietzsche, qui traverse une crise existentielle, est fou amoureux de Lou Salomé qui s’arrange pour qu’il aille consulter le docteur Breuer (l’un des grands fondateurs de la psychanalyse). Ce dernier est alors soutenu par le jeune Freud.

Le patient et son médecin vont nouer une relation toute particulière au point les rôles vont s’inverser…

Cet ouvrage c’est surtout le récit de la confrontation de deux points de vue sur la vie : celui d’un philosophe sceptique, avec une vision déterministe voir pessimiste de l’homme et celui d’un psychanalyste tentant en vain de rationaliser et d’expliquer avec optimisme les comportements humains.

Cette joute d’idées reste animée par un seul et unique leitmotiv : la recherche de la vérité.

 

Extrait sur la vérité :

– Quelle ardeur à trouver la vérité ! Pardonnez-moi, professeur Nietzsche, si mes propos vous paraissent offensants, mais nous sommes convenus de converser en toute honnêteté. Vous parlez de la vérité avec feu comme s’il s’agissait de substituer une religion à une autre religion. Permettez-moi de me faire l’avocat du diable et de vous demander : pourquoi une telle passion, une telle vénération pour la vérité ?

– Ce n’est pas la vérité qui est sacrée mais la quête de sa propre vérité ! Existe-t-il acte plus sacré que la recherche de soi ? Mon œuvre philosophique disent certains, est bâtie sur du sable : mes opinions évoluent en permanence. Mais l’un de mes principes gravés dans le marbre est le suivant « Deviens qui tu es ». Comment peut-on découvrir qui l’on est, ce que l’on est, sans la vérité ? (Edition Livre de Poche, page 118).

Extrait sur l’importance de l’inconscient dans notre vie

Vous affirmez donc, répondit Breuer, que chacun de mes actes, chaque souffrance que j’endure, je les revivrai dans l’éternité,

-Oui, l’éternel retour signifie que vous devez décider d’accomplir pour l’éternité chacun de vos actes. Et il en va de même pour chaque acte qui n’est pas commis, chaque pensée mort-née, chaque choix contourné. Toute vie non vécue restera en vous, en gestation, pour l’éternité, et la voie non entendu de votre conscience ne cessera de monter à vos oreilles (édition Livre de Poche, page 403).

Ce livre est donc une invitation à penser l’homme et sa nature mais aussi à réfléchir sur son propre moi.

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