La pédagogie Montessori dès les premiers mois de bébé

Très en vogue dans les conversations des jeunes parents, la méthode de Maria Montessori vise à développer la confiance et l’autonomie chez l’enfant. C’est ce que l’on appelle « la parentalité bienveillante » ou autrement dit : « je te donne toutes les clés pour que tu puisses avoir suffisamment confiance en toi pour gagner en autonomie et voler de tes propres ailes ».

Philosophie à laquelle j’adhère totalement !

Si vous ne l’avez pas vu, je vous invite à voir le film sur la vie de Maria Montessori, une femme au destin époustouflant et qui a accompli de grandes avancées dans le monde de l’éducation des enfants. En quelques mots, à la fin du 19ème siècle Maria Montessori est la première femme médecin de Rome. Elle se spécialise en pédiatrie et s’intéresse et plus particulièrement aux enfants abandonnés de Rome. Au grand étonnement de tous, elle leur apprend à lire, écrire et compter au point que leur niveau scolaire dépasse la moyenne nationale ! Elle est alors approchée par le ministère de l’éducation nationale qui souhaite généraliser sa méthode.

 

Comment appliquer la pédagogie Montessori dès les premiers mois de bébé ? 

Dans Montessori de la naissance à 3 ans, Charlotte Poussin explique pourquoi et comment l’éducation de nos enfants doit se faire dès le plus jeune âge.

Voici quelques éléments qui ont attiré mon attention :

  • L’observation : c’est ce qui a permis à Maria Montessori de bâtir sa méthode. Observer le comportement de son enfant sert à mieux adapter son intervention et ne pas agir précipitamment. « L’observation nous permet de voir si l’enfant est concentré sur une activité, auquel cas nous veillons autant que possible à ne pas l’interrompre, même si cette activité n’a pas de sens pour nous. Tant qu’elle est ordonnée, elle a un sens pour l’enfant dans le cadre de sa construction intellectuel » (page 76).
  • Exemplarité : le meilleur professeur pour notre enfant c’est nous même ! A travers nous, l’enfant sait ce qu’il peut faire ou pas. « Baissons notre niveau d’exigence envers le tout-petit et élevons celui que nous avons envers nous mêmes » (page 79). Le parent doit incarner la valeur respect pour l’enfant et cela passe par le respect de son enfant, tel qu’il est et non pas tel qu’on aimerait qu’il soit. « Nous devons aider l’enfant à se défaire de ses défauts sans lui faire percevoir sa faiblesse » (Maria Montessori, L’Enfant dans la famille).
  • Accompagner : Notre rôle d’adulte est de guider l’enfant vers des activités construites qui ont un but, afin de l’inciter à développement son mouvement, ses sens, son langage et son sens social. Notre mission est de les accompagner vers eux-mêmes, c’est-à-dire de les aider à devenir eux-mêmes.

 

Les étapes d’une relation 

A travers l’observation, l’exemplarité et l’accompagnement, nous avons vu que notre rôle de parent est la clef du bon développement de l’enfant. Ci dessous les différentes étapes de la relation avec son bébé :

  • Jusqu’à 8 mois : Les liens se tissent, l’attachement s’accentue. La bonne relation qu’il a avec ses proches et, en particulier, avec sa mère au début de sa vie, est garante de sa relation au monde. Tout moment peut être opportunité d’échanges : un repas, un bain, un massage, un câlin, une histoire. La confiance que le bébé acquiert lors des premiers mois de sa vie est la base de la confiance qu’il aura dans la vie elle-même.
  • De 8 à 15 mois : C’est le moment où il faut faire participer l’enfant dès que possible. Quand le bébé tient debout, on peut par exemple l’impliquer en le changeant debout et non pas allongé sur sa table à langer. L’enfant peut aussi aller jeter lui-même sa couche sale et en chercher une neuve… D’une manière générale, il faut faire collaborer le plus possible l’enfant à notre quotidien. L’enfant a besoin d’être actif et de manipuler des objets réels plutôt que des jouets. il n’a pas envie de vivre à côté, de faire semblant. Il a besoin de vivre la vraie vie, avec nous.
  • De 15 mois à 3 ans : L’enfant multiplie les exercices physiques intenses que Maria Montessori appelait les « efforts maximum ». Il veut porter des objets lourds ou encombrants ou encore marcher de longues distances. Autant d’activités qui nous paraissent insurmontables mais si nous laissons faire l’enfant il y parvient et cela lui donne une double assurance : physique et psychologique. C’est peut-être le moment la période la plus délicate pour nous en tant que parents. « Fais pas ci, fais pas ça » ou encore « Tu vas tomber » sont des expressions qui révèlent notre ambivalence : nous souhaitons qu’ils se lancent dans une grande aventure mais en même temps nous les décourageons. Pour Maria Montessori il faudrait à ce moment là utiliser le regard silencieux qui accompagne et qui protège.

D’un point de vue beaucoup plus opérationnel, Maria Montessori propose également de préparer un environnement adapté à l’enfant. Cela passe par un environnement ordonné et qui s’adapte à l’enfant (et non l’inverse) ou encore des activités ludiques et stimulantes comme le mobile de Munari par exemple.

Les éléments qui composent la pédagogie Montessori sont nombreux et ne peuvent être résumés en un seul article ! Mais ce que l’on peut retenir c’est que cette pédagogie repose essentiellement sur le concept de parentalité bienveillante qui encourage l’enfant à réaliser des choses par lui même, grâce à la confiance et au respect qui lui aura accordé.

 

Le succès de Montessori à Gennevilliers ! 

Récemment, l’enseignante Céline Alvarez a elle aussi surpris l’opinion publique. Elle a expérimenté une nouvelle méthode (très imprégnée de la pédagogie Montessori) dans une classe de maternelle en ZEP (zone d’éducation prioritaire) à Gennevilliers. Là encore, les résultats sont bluffants : les élèves de maternelle savaient tous lire et écrire à la fin de l’année scolaire !  Tout comme chez Maria Montessori, Céline Alvarez favorise l’apprentissage par par le développement des compétences cognitives, l’épanouissement individuel, émotionnel et social.

 

 

Pour finir, n’oublions pas qu« il nous faut nous éduquer, si nous voulons éduquer » Maria Montessori, L’Enfant).

 

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